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la dualité: bonheur/malheur

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bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur


On n'est jamais si malheureux qu'on croit ni si heureux qu'on avait espéré.


Le vrai bonheur coûte peu; s'il est cher, il n'est pas d'une bonne espèce.



L'architecture selon Said Mazouz

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L'architecture selon Said Mazouz

Message par archi le Ven 23 Juil 2010 - 12:11

L’architecture et la ville en Algérie: éléments d’une crise multidimensionnelle.


Introduction


Le débat initié par El Watan dans la rubrique ‘arts et lettres’ autour de la vie et de l’œuvre de l’un des plus grands architectes du siècle et de l’héritage qu’il nous a laissé mérite quelques éclairages et des pistes susceptibles de faire sortir l’architecture en Algérie des sentiers battus. De même que la prise de conscience sans cesse grandissante des intellectuels de la médiocrité de la production architecturale algérienne incite à une réflexion à même d’amener politiques, gestionnaires et praticiens, architectes et urbanistes, à opérer une véritable révolution dans les mentalités et les pratiques si nous aspirons construire la ville de demain, celle dans laquelle s’épanouiraient les générations futures[i].

La crise est bien réelle et la ville algérienne est malade de son architecture. Cette ville déjà rongée par nombre de maux comme l’étalement et ses conséquences négatives sur l’homogénéité et la cohérence du tissu urbain, les problèmes de l’exclusion et de la ségrégation spatiale et sociale, les problèmes liés à l’insécurité, au vandalisme et aux incivilités de toutes sortes, les déséquilibres dans la répartition fonctionnelle et l’implantation rationnelle des équipements et l’incapacité des outils et instruments d’urbanisme à pallier à ces déficiences, est aussi et, surtout, victime de cet assemblage incohérent de « bâtiments objets » sans âme, qui accentuent la ségrégation spatiale sous-jacente, résultat d’un zonage fonctionnaliste anachronique[ii].

Alors, la question qui revient est la suivante : Pourquoi on n’arrive pas à produire une architecture de qualité dans ce pays ? Qu’importe qu’elle s’inspire de notre patrimoine ou qu’elle s’inscrive dans l’universalité ? Pourvu qu’elle dégage des valeurs et véhicule des messages d’authenticité, d’originalité, d’humanisme, de contextualité et, pourquoi pas, d’identité ? Une architecture qui fait la ville et fait la part belle aux valeurs actuelles de développement durable, de mixité morphologique, fonctionnelle et sociale, une architecture urbaine et non des « bâtiments objets’ dans des assiettes délimitées par des clôtures favorisant le désert urbain et générant l’insécurité et le stress. Bien sur, dans ce tableau noir bien réel, on peut percevoir quelques lumières, à l’image de quelques projets réalisés ces dernières années et qui dénotent du talent certain de quelques concepteurs mais ces projets, bien que fort médiatisés, surtout ceux appartenant au microcosme algérois, demeurent très peu nombreux pour infléchir la tendance généralisée.

Quelles sont les causes inhibitrices de la production d’une architecture en Algérie ?

Afin de répondre à cette question, il nous semble opportun d’examiner les conditions actuelles de la production de cette architecture. Il faut souligner que malgré la redynamisation du secteur du B.T.P par les pouvoirs publics, l’existence d’une forte commande publique et privée, la construction de centaines de milliers de logements, de dizaines d’équipements publics, d’infrastructures scolaires et universitaires, la qualité des ouvrages reste un sujet abordé de manière superficielle par des officiels ou des journalistes non spécialisés. Et ce n’est pas le satisfecit de gestionnaires soucieux de l’évolution de leurs carrières qui changera quoi que ce soi à la donne.

1. Architectes du passé et vacuité du présent

Les premières années de l’indépendance ont été caractérisées par la production architecturale d’un certain nombre d’architectes invités par les pouvoirs publics dans le but de construire des équipements structurants et de prestige et dont peut citer Pouillon, KenzoTange, Ricardo Bofill, Mustapha Moussa pour n’en citer que ceux là. Il ne faut pas oublier les architectes algériens de l’époque ou ceux qui ont choisi l’Algérie pour vivre et travailler comme Simounet, Cottin Euziol, Ravereau, Deluz ; la liste n’étant, encore une fois, pas exhaustive. Il faut dire que ces architectes ont produit ce que compte aujourd’hui l’Algérie de bâtiments qui peuvent accéder au statut de patrimoine. L’œuvre algérienne de Niemeyer représente, en fait, un jalon important dans le parcours créatif de ce monument du vingtième siècle que nous avons eu la chance d’accueillir à une période ou il fallait donner à l’université algérienne ses premières infrastructures que les autorités de l’époque ont voulues grandioses.

Aujourd’hui, il s’agit de s’interroger sur le devenir de cette œuvre majeure et, surtout, de son impact à la fois sur le développement urbain et la qualité architecturale de nos villes et sur la production architecturale de ceux qui ont eu et qui ont la chance de pouvoir construire dans ce pays. Cependant, il nous semble plus opportun et plus bénéfique de mettre en lumière, de manière synthétique, un certain nombre d’expériences du même calibre que celle du Brésilien. Aujourd’hui, dans ce paysage architectural empreint de médiocrité, de mercantilisme, de clientélisme et en l’absence quasi-totale de critique, la vacuité des discours et des productions est à son apogée. Que reste-il de l’œuvre immense de Niemeyer et de Tange qui ont construit à Constantine sur le même site respectivement l’université et une cité universitaire pour jeunes filles ; que reste-il de l’œuvre de Fernand Pouillon post-indépendance qui a construit le fleuron de notre industrie touristique ; que reste-il de l’œuvre d’André Ravereau à Ghardaia et dans d’autres régions, que reste-t-il de l’œuvre de Roland Simounet, de Cottin Euziol ?…... Il est, bien entendu, question d’architectures voulues par l’Algérie indépendante et commandées à ces figures marquantes de l’architecture contemporaine dont nous avons choisi de parler dans la foulée de l’intérêt accordé à l’œuvre d’Oscar Niemeyer. L’œuvre de ce dernier, comme celle de Bofill ou de Tange n’est pas pour échapper à toute critique : elle n’est pas tout à fait dépourvue d’élans formalistes ni du mythe de l’architecte démiurge, recherchant l’émotion par le spectaculaire. Néanmoins, le point fort de ces œuvres est qu’elles se caractérisent par des choix et des engagements clairs : l’humanisme et la foi en la technologie de Niemeyer, ajoutés à sa poésie des formes et de l’espace, ont fait de l’université de Constantine et à un degré moindre de Bab Ezzouar, des espaces de convivialité et de rencontre aux qualités inégalées ; des espaces de rassemblement et d’égalité sociale. Rêve perdu à jamais dans nos universités ? Peut-être au vu de ce qui a été construit après. Et même si l’on peut formuler certaines critiques à l’égard des choix formels spectaculaires de Niemeyer, on ne peut que souscrire à sa manière de « poser » son projet sur le site constantinois : c’est un choix tellement réussi qu’il parait évident. L’architecture y complète le site et en constitue un continuum, un apogée. Quelques années plus tard, et avec le nombre sans cesse grandissants des effectifs étudiants, les autorités de l’enseignement supérieur ont été dans l’obligation de construire des extensions. Malheureusement, ce qui fut construit à quelques mètres seulement des bâtiments de Niemeyer, défigure complètement l’œuvre initiale et en constitue à ce jour une verrue. Cette assertion peut être aisément vérifiée, moyennant quelques clics sur Google Earth. Une attitude qui dénote d’une ignorance doublée de mépris de la chose culturelle dans ce pays. Non seulement, l’université de Niemeyer se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement avancé mais souffre de rajouts incongrus et de transformations inopportunes. Sur le même site et à quelques centaines de mètres, la cité universitaire de jeunes filles construite par Kenzo Tange vit le même état de délabrement. Cette œuvre possède des qualités architecturales et d’intégration au site qui restent inégalées. L’œuvre de Tange en Algérie ne se limite d’ailleurs pas à ce projet. Peut-être le pus célèbre d’entre eux demeure l’Université des Sciences et de la technologie d’Oran (USTO), conçue dans une logique structuraliste révolutionnaire à l’époque et constituant l’antithèse du fonctionnalisme ambiant. Le monofonctionnalisme y est banni au profit de l’espace multifonctionnel et de la structure offrant plus qu’une fonction de portance et se présentant à la fois comme support et comme réceptacle de fonctions spécifique comme la circulation, les éléments techniques, les fluides et permettant à l’espace principal d’être le plus flexible possible.

Quant à Pouillon, son œuvre en Algérie est immense. Et même si nous mettons de coté son œuvre inscrite durant la période coloniale (Diar Essaada etc..) initiée par les autorités coloniales de l’époque, l’œuvre post-indépendante reste d’actualité au regard de la production architecturale actuelle, surtout celle empreinte du souci identitaire. En effet, si nous considérons uniquement les complexes hôteliers construits par Pouillon, l’œuvre est riche, diversifiée, s’adaptant à des contextes varié et puisant d’un répertoire vaste et faisant de manière magistrale la synthèse entre tradition et modernité. C’est une architecture dépouillée, sobre, intégrant des archétypes traditionnels mais sans fioritures, faisant la part belle à l’invention de formes nouvelles et à l’interprétation d’anciennes.

Cependant, la richesse architecturale algérienne ne s’arrête pas à ces figures ; notre patrimoine séculaire regorge de solutions architecturales ingénieuses enrichies par l’apport successif des différentes civilisations qui ont marqué d’une empreinte indélébile ce pays ; Plus près de nous, l’héritage colonial, stigmatisé et marginalisé pendant trente ans, reprend droit de cité dans les études académiques et suscite parfois même des polémiques quant à sa sauvegarde. Tous ces patrimoines sont à redécouvrir, à réinterpréter. Cependant, si ce patrimoine a fait l’objet d’études et de recherches intensives, sur le plan de l’interprétation architecturale, surtout concernant des bâtiments à forte connotation identitaire, le terrain reste à déblayer. Il faut reconnaitre que le seul effort de véritable interprétation de ce patrimoine fut l’œuvre d’architectes de la trempe de ceux cités ci-dessus. L’œuvre éclectique et fortement contextualisée de feu Fernand Pouillon demeure encore une référence et les bâtiments de Ravereau représentent une interprétation intelligente du génie de l’architecture mozabite. Si l’on fait exception de l’œuvre de feu Abderrahmane Bouchama et ses fameux archétypes d’architecture ‘arabo-islamique’ dont nombre de clones et d’avatars ont été érigés un peu partout dans le pays, pales copies, d’une interprétation contestable à l’origine, renvoie l’image d’un processus de galvaudage systématique d’un patrimoine riche et diversifié. Ce travail précurseur, respectable semble avoir fait des émules dont le simplisme et la superficialité ont produit des bâtiments sans âme, des pastiches au gout bien douteux. Les bâtiments ayant une forte connotation identitaire comme les mosquées, les espaces culturels, les sièges administratifs de souveraineté et les bâtiments de justice pour ne citer que ceux-là continuent de faire l’objet de ‘traitements’ spécifiques intégrant des éléments du patrimoine en les réinterprétant, éludant les problématiques réelles comme la question de l’échelle et l’adaptation fonctionnelle. Ne subsiste qu’un paradigme vide, sorte de consensus superficiel, comme celui stipulant l’identification d’une mosquée par la coupole et le minaret.

En fait, si on examine de près la production architecturale et urbaine dans notre pays, on s’apercevra qu’elle diffère peu sur le plan de l’évolution typologique du contexte international. Aux projets construits durant les années 70 et 80, en majorité par des bureaux d’études publics, dans lesquels des générations d’architectes, formés par des coopérants issus majoritairement des anciens pays de l’Est, ont conçu un grand nombre d’équipements dans une logique fonctionnaliste mais caractérisés par une sorte de purisme formel, de vérité structurelle et débarrassés de fioritures, ce qui en renforce le caractère. Mais avec le changement qui s’est opéré à partir des années 90 et qui a pris toute son ampleur dans les années 2000, générant au passage une libéralisation à outrance de la pratique du métier d’architecture, une sorte de contre-courant contestataire mettant la forme au premier plan réussit à s’imposer comme le nouveau paradigme. Cette posture, féconde et légitime à la base, a vite connu plusieurs avatars :

1. Une quête d’expression formelle débridée, qui reste parfois dans des limites acceptables mais qui peut verser dans un formalisme inutile et un éclectisme démesuré, juxtaposant et superposant des formes et d’archétypes parfois anachroniques.

2. Une quête d’expression identitaire dont la justification oscille entre lisibilité et intelligibilité de l’interface avec son environnement et la volonté d’amarrer le projet à une matrice identitaire régionale, nationale ou même supranationale.

3. Une quête d’inscription formelle, stylistique ou esthétique claire comme on peut le constater dans certains projets lauréats du Prix national d’architecture allant du néo-vernaculaire au Moderne tardif, mais qui échouent manifestement dans la formulation d’une expression formelle en rapport véritable architecture urbaine pouvant constituer un jalon dans la fabrique de la ville algérienne.[iii]

Mais le paysage global demeure caractérisé par un formalisme beat, dénoncé déjà et à maintes reprises par feu Jean Jacques Deluz. Ce dernier dans une série de chroniques disait son inquiétude de la tendance ‘formaliste’ qui semble prédominer dans le paysage architectural algérien. Ce passage est d’ailleurs éloquent à plus d’un titre : ‘Le formalisme n’est pas un style ; c’est plutôt, au contraire, une absence de méthode, un dogmatisme. Cela se retrouve dans toutes les formes d’expression artistique et particulièrement dans la poésie, la peinture et l’architecture. C’est sur cette dernière que je focaliserai mes réflexions, (…). Il y a formalisme chaque fois que le concepteur (l’artiste, l’architecte…), au lieu de puiser dans la réalité du problème qu’il a à résoudre, invente une forme. Une telle définition peut surprendre car on imagine volontiers que l’artiste est un inventeur de formes ; la nuance est subtile. En réalité, personne n’invente quoi que ce soit ; chaque objet nouveau procède des objets ou des connaissances qui l’ont précédé.’ L’auteur qui soutient que le processus créatif en architecture s’appuie sur la culture (mémoire) et la réalité qui nourrissent l’imagination. Cette dernière produit l’objet logique qui est, d’une certaine façon, le résultat d’une équation si complexe qu’aucun ordinateur ne pourrait y répondre. Le même auteur poursuit : ‘On peut comprendre, dès lors, ce qu’est le formalisme : c’est la démarche inverse de tout ce qui précède. Privée de tout appui sur la réalité du problème posé – privée de son aliment naturel qui n’est pas l’objet à créer, en soi, mais la substance nourricière qui peut donner naissance à cet objet, l’imagination devient une simple machine à fabriquer des formes ; et comme il faut des prétextes pour justifier ces formes, elle ne peut s’appuyer que sur des dogmes ou des modèles. Les mots qui pourront qualifier le formalisme seront la gratuité, l’arbitraire, la simplification, qui ne veut pas dire la simplicité, car elle se traduit souvent, au contraire, par de la complication inutile’.[iv]

Il dit encore à propos de la production architecturale des architectes algériens : « …En face de cette importation des services, il est difficile de caractériser la production des architectes algériens. Les tendances qui se dessinent me paraissent encore très indéterminées. Leur formation est discutable (…), leur cohésion inexistante, le marché des études mal réglementé et ils suivent des modes peu fiables : chacun voudrait bien être un de ces grands architectes dont j’ai parlé, mais n’en a ni les moyens, ni la commande, ni l’expérience. (…) Dans cette optique générale, le beau est toujours anecdotique : que ce soit la référence à une architecture arabe uniformisée (l’arcade n’est ni celle du Sud, ni celle de La Casbah, ni celle de Fez ou du Caire, mais l’arcade tout simplement), la référence à la modernité (la grande baie là où une petite fenêtre suffirait, les porte-à-faux agressifs), la référence à une culture passée imaginaire (la colonne grecque, les entablements classiques dessinés par des ignorants) ou alors des artifices comme la polychromie sur les façades (dans les bâtiments publics ou les ensembles d’habitat), le mélange gratuit des matériaux, (brique ou pierre apparente, marbres ou placages divers), les toitures complexes, contrariées, que les architectes affectionnent particulièrement quand ils dessinent une maison individuelle, les obliques et les biais inutiles pour faire original, etc. Et celui qui en aura fait le plus aura fait le plus beau. »

Si aujourd’hui, des préoccupations nouvelles telles que la qualité du cadre de vie, la transformation des paysages et des formes urbaines, la gestion des mobilités, la maitrise de l’étalement urbain et l’intégration des territoires urbains esseulés, les problématiques écologiques et environnementales sont autant de défis face aux préposés aux affaires de la ville. En Algérie, les problématiques les plus actuelles accusent un retard conséquent car il s’agit faire face à une crise multidimensionnelle récurrente dont les divers aspects trouvent leur expression la plus éloquente dans une conception dépassée des outils et instruments d’urbanisme qui font la part belle au quantitatif au détriment du qualitatif et à une parcellisation géométrique au détriment de la troisième dimension et de l’échelle humaine. Le zoning continue, pour ainsi dire à sévir dégageant, du coup, des territoires entiers à dominante administrative sans mixité résidentielle et de service ou d’autres à dominante résidentielle.

La rupture entre architecture et design urbain est reflétée par la prolifération de boyaux urbains; sortes de parcours aride et structuré mais n'ayant pas le statut de rue. Ils sont le résultat d'une juxtaposition d'assiettes destinées pour la plupart à accueillir les équipements publics entourés de clôtures. Le plus souvent l'implantation d’équipements se fait d'une manière aléatoire ou est centralisée par rapport à l'assiette. Conception individualiste centrée sur l'objet à concevoir indépendamment des problématiques urbaines posées et qui ignore souvent l'environnement autour.

Du coup tout un quartier d'équipements, marginalisé déjà du fait de son caractère monofonctionnel et de son utilisation partielle, demeure désert le soir et en dehors des heures de travail et constitue, de par la disposition mécanique et aléatoire des bâtiments, un dédale hautement insécurisé et peu fréquentable.

2. Fabrique de la ville et multiplicité des discours

Parmi les facteurs inhibiteurs à l’émergence d’une architecture de qualité en Algérie, la problématique de la ville et des discours et pratiques y afférents. En effet, même si la ville demeure, comme chacun le sait, une entité complexe constituant l’objet d’étude de plusieurs disciplines : économique, sociale, culturelle et environnementale, créant, conjuguées, les caractéristiques physiques et spatiales de la ville, il n’en demeure pas moins que l’espace urbain dans sa déclinaison physique et spatiale reste le parent pauvre des études consacrées à la ville.

Un examen rapide du panorama de recherches se rapportant à la ville révèle l’existence d’une multitude de discours. Mais force est de constater que chaque fois que le vocable ville est évoqué, un discours émerge et semble dominer, ramenant la ville, invention humaine complexe et miroir du changement, à une dimension unique; celle de l'échelle de la planification urbaine et de l'aménagement du territoire. Ainsi, si les espaces urbains sont au cœur des processus de globalisation, de transformation technologique et de recomposition économique et sociale des territoires, l’absence de moyens de modélisation de ces changements et des études prospectives laisse le terrain libre à la vision fonctionnelle et aménagiste de la ville. L’ancrage universitaire des travaux d’aménagistes et d’urbanistes issues de la géographie et des sciences de l’aménagement avec pour toile de fond des méthodes issues de ces disciplines fondamentales, a beaucoup fait progresser les recherches sur la ville, laissant les chercheurs issus de l’architecture devant des choix difficiles : soit ils s’alignent et s’approprient les méthodes et les approches des urbanistes géographes et appréhender la ville comme le feraient ces derniers, soit ils essayent de s’affranchir de ces méthodes, en vue d’analyser l’espace dans sa dimension qualitative, dans ses attributs cognitifs et perceptuels, bref dans sa dimension physique comme un objet d’étude et non pas comme un décor de théâtre et à ce moment là et devant la vacuité de l’espace de recherche architecturale et urbaine en méthodes, ils se rabattent sur la sociologie urbaine et/ou sur la psychologie de l’environnement. Mais avant d’aller plus loin, il faut d’emblée situer le présent discours : le propos de ce papier n’est pas de jeter l’opprobre sur les disciplines connexes à l’architecture ni de préconiser, de manière don-quichottesque, une croisade contre l’interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité, incontournables dans le monde de la recherche universitaire d’aujourd’hui. Le propos est de situer la part de l’architecture (et de l’architecture urbaine) dans la construction de cette interdisciplinarité. Les environnements urbains sont en effet d’une telle complexité, qu’un travail axé uniquement sur des aspects quantitatifs, de répartition équitable d’infrastructures et d’équipements, de réseaux de transports, de ressources énergétiques et d’accès aux loisirs nous pousse à questionner les méthodes à même de répondre à cette liste non exhaustive de besoins. La question est de savoir pourquoi nos projets architecturaux et urbains, particulièrement les projets d'habitat social, conçus avec le souci d'une meilleure urbanité et aspirant à la création d'un meilleur esprit communautaire n'ont pas été satisfaisants de ces points de vue. Pourquoi tous les efforts consentis par de l’Etat algérien, parfois en construisant de villes nouvelles entières ex-nihilo et avec les équipements d’accompagnement, n’arrive pas à construire un cadre urbain dans lequel s’épanouiraient ses citoyens ? Pourquoi quelques années seulement après leur achèvement, certains ensembles d’habitats, particulièrement ceux situés en périphérie des villes, deviennent des territoires de non droit, se trouvent déjà dans un état de délabrement avancé, avec un taux élevé de criminalité. En fait, ce diagnostic n’est ni nouveau ni original, la majorité des professionnels de ‘l’espace’ praticiens et universitaires s’accordent sur le fait que nous ne savons pas ‘fabriquer’ la ville. La question des grands ensembles n’est pas nouvelle, non plus, et elle date des années soixante dix. De nombreuses recherches furent conduites dans des contextes différents, la plupart dirigées par des géographes ou des psychologues de l’environnement, ont réussi à mettre l’accent sur la corrélation pouvant exister entre le cadre physique urbain et le malaise social.

Mais, ces chercheurs, dont la contribution est immense, n'avaient pas les outils où n'étaient pas sur la bonne piste pour formuler une théorie complète et satisfaisante du phénomène. Qu’est ce qui n’a pas marché alors et quelle est la solution à ce problème ?

Certains travaux de ces vingt dernières années ont essayé de dépasser les visions réductrices, engendrées par l’invasion de l’architecture et de l’urbanisme par les disciplines périphériques, et ont relancé le débat sur l’opportunité de parler d’architecture et d'urbanisme en termes intrinsèques à ces disciplines. Certaines tentatives de modélisation du processus de conception architecturale s’inscrivent dans cette démarche. Cependant, en les examinant de plus prés, la majorité de ces tentatives nous paraissent incertaines puisque elles ont pour facteur commun le fait d’éluder le noyau de la pratique architecturale et urbanistique ; l’espace comme contenu et surtout de son contenant la forme qui ne peut être appréhendée que par le biais d’une démarche appropriée. Les architectes et les designers urbains, dans leur quête d’une urbanité, de recherche d’espaces privatifs, dans l’arrangement spatial à deux dimensions, sensé refléter une certaine complexité sociale, ont sacrifié ce qui fait l’espace urbain et, in extenso, la ville : la structure, la clarté et la lisibilité et l’intelligibilité désirées par le consommateur de l’espace urbain et architectural.

4. Bureaucratie et maitrise d’ouvrage

La légitimité du projet sur le discours et de la pratique sur le théorique et de l’expérience sur le savoir tend à être consacré à la fois par les praticiens mais aussi par les préposés à la maitrise d’ouvrage. Les tenants d’une telle posture ignorent à quel point ces manichéismes sont dangereux. La question ici n’est pas de dire la prépondérance de l’un par rapport à l’autre mais de dire l’interaction des deux en complémentarité et en harmonie ; l’un ne pouvant acquérir de légitimité en dehors et indépendamment de l’autre. Deux exemples sont, à ce propos, édifiants et mettent en exergue l’inadéquation des discours des pouvoirs publics avec la réalité institutionnelle, structurelle et bureaucratique. :

1. Le premier concerne l’organisation des concours d’architecture par les maitres d’ouvrages et, nonobstant ce qui se rapporte à propos des marchés ‘vendus’ et qui n’est pas le propos de ce papier, les membres des jurys sont, pour la plupart, composés de personnes étrangères à l’acte de bâtir. Certains représentants de directions et/ou d’organismes n’apportent rien au débat mais, par instrumentalisation ou par ignorance, pèsent de tout leur poids sur le résultat final et sur la désignation du projet lauréat. Parfois, il est fait appel aux ‘représentants’ de l’université et des écoles d’architecture dont les arguments et les critiques sont rarement pris en considération. Conséquence : la forme est sauve mais le fond est perdu. Nos villes d’enlaidissent de jour en jour, de nouveaux bâtiments viennent enlaidir davantage le paysage urbain. Et si, parfois, on assiste, surpris et incrédules, à l'émergence d’un édifice de qualité, il suffit d’examiner son historique pour s’apercevoir que certains événements ont présidé à sa douloureuse genèse. Ce qui renforce le caractère exceptionnel de certains édifices qui arrivent, grâce au militantisme désintéressé de certains architectes passionnés par leur métier, à échapper à la médiocrité générale, érigée en système.

2. Le binôme maitrise d’œuvre – maitrise d’ouvrage qui constitue la pièce maitresse de la production urbaine et architecturale vit, dans le contexte algérien, des rapports tumultueux, caractérisés par une des conflits récurrents qui déteignent sur la qualité des espaces conçus. Les maitres d’ouvrage accusent souvent les maitres d’œuvre de ne pas respecter les délais et l’enveloppe financière allouée au projet et les seconds le leur rendent bien en les accusant, à leur tour, de leur forcer la main en matière de délais et de ‘dépouiller’ leur architecture de toute substance la rendant plus humaine. Certains maitres d’ouvrage se sont érigés en véritables homo-bureacraticus dont l’unique leitmotiv semble être de plaire à leur tutelle en réussissant de véritables tours de force, notamment en matière de délais : c’est à ce prix que s’octroient les promotions et que se font et se défont les carrières de ceux qui président aux destines de l’espace bâti algérien.

L’espoir était grand après la promulgation des textes instituant le concours pour la maitrise d’œuvre architecturale. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de marquer un arrêt pour faire le bilan d’une législation qui devait sortir l’architecture et l’urbanisme de l’ornière mais qui a fini, comme tous les textes, victime de la perversion des hommes. La désillusion est grande et le sentiment qui prévaut, surtout chez les jeunes architectes, est qu’aucun texte, aussi riche soit-il, ne peut tenir devant une machine bureaucratique mue par une corruption généralisée. Ce texte, devrait faire l’objet d’une refonte susceptible d’en combler les failles. Le poids conséquent des volets humain et matériel du bureau d’études pèse lourd dans le décompte final, élimine d’emblée les boites jeunes et moyennement pourvues et consacre les grosses cylindrées qui ont déjà fait leur beurre par le passé. Cet état de fait empêche l’émergence des jeunes talents qui se trouvent souvent éliminés dès le premier tour, n’ayant pas suffisamment de projets équivalents réalisés ni de personnel qualifié à profusion, ni même, d’un nombre suffisant de cartes grises de véhicules à joindre au dossier. Ces architectes sont réduits à faire de la figuration car ne pouvant se permettre le luxe d’investir des sommes colossales dans des « aventures » de concours qu’ils savent perdus d’avance. Sous d’autres latitudes, le concours est une expérience intellectuelle unique qui constitue, quel qu’en soit le résultat, un jalon dans le parcours intellectuel et culturel du praticien. Ce dernier qui engage une réflexion sur une problématique architecturale ou urbaine voit ses efforts rétribués. A l’instar du projet lauréat, les projets classés sont récompensés financièrement, ce qui permet au moins de récupérer les sommes investies dans le concours. La publication du projet dans des revues spécialisées et professionnelles permet de donner une visibilité à l’architecte et dans certains cas remplir son carnet de commandes. Evoluant dans un climat culturel ou tout fait architectural ou urbain entraine dans son sillage des débats et, parfois, des polémiques, la pression est constante sur les maitres d’ouvrage les contraignant à veiller à préserver une concurrence saine et féconde. Les projets classés font, pour ainsi dire, partie de ce que Jean Pierre Chupin[v] appelle ‘architecture potentielle’ qui constituera, en plus du support aux débats au sein de la société civile, un outil pédagogique de premier ordre dans l’enseignement du projet.

Cependant et, nonobstant les pratiques invoquées ci-dessus et à supposer que les procédures du concours, du choix de la composante humaine et du jury aient été respectées, il n’en demeure pas moins que le système d’évaluation lui-même souffre de carences qu’il conviendra de corriger si nous aspirons à construire la ville algérienne de demain. La question qui se pose est la suivante : qu’est-ce qu’on évalue dans un projet d’architecture ? A travers des travaux universitaires et aussi pour avoir fait partie de commissions d’évaluation, il nous a été donné de constater que dans beaucoup de cas, la mauvaise programmation et l’élaboration sommaire des cahiers de charge conduisent à la situation aberrante de la définition d’un contenant entretenant peu ou pas de rapports avec le contenu. Quant aux questions des choix architecturaux et formels, de rapport à l’urbain, de qualités d’ambiance, de développement durable, des choix identitaires, elles sont soit évoquées de manière sommaire, caricaturale et folklorique, soit complètement éludés.

5. Pratique du métier, enseignement et recherche : vers une synergie ?

Enfin, il conviendrait de préciser que le métier d’architecte reste en Algérie victime de son succès. Car, contrairement à nos voisins, le Maroc et la Tunisie, où l’enseignement de l’architecture est assuré par une seule Grande école, chez nous, les traditions de la démocratie de l’enseignement et la garantie de l’accès à l’enseignement supérieur pour tout algérien titulaire du bac ont peut être eu et auront pendant longtemps un effet pervers sur la qualité de la formation. Mais là encore, une précision s’impose : ce n’est pas tant le nombre d’instituts qui pose problème mais le nombre pléthorique des étudiants et les capacités insuffisantes en matière d’encadrement et de logistique. Discipline appartenant à la catégorie des professions libérales, le métier d’architecte reste très demandé par les jeunes bacheliers et leurs familles qui exercent de fortes pressions sur les responsables locaux en vue de l’ouverture d’une filière architecture.

Faudrait-il organiser de nouvelles Assises nationales réunissant l’ensemble des acteurs qui façonnent l’espace bâti ? Faudrait-il réunir autour de la même table les praticiens, les gestionnaires, les préposés à l’enseignement, les chercheurs (oui, oui, ce ne serait pas une hérésie) En tous cas, les dernières assises tenues en décembre 2006, qui étaient placées sous le signe de l’espoir par les architectes, tous profils confondus, ont accouché de bien maigres résultats. La lecture des recommandations finales des différents ateliers est venue tempérer l’ardeur des plus optimistes. Une lecture des intitulés des ateliers mis en place lors de ces assises donne un aperçu des différentes dichotomies actuelles qui minent à la fois la pratique du métier, le rôle de l’architecte et le rapport entre les différentes échelles de la conception de la ville qui vont de la planification et l’aménagement du territoire à l’édifice-objet en passant par le design urbain, qui constitue, à mon sens, le maillon absent de toute l’action visant une synergie en vue de la fabrique de la ville.

Ainsi, on peut lire, en guise de préambule des recommandations de l’atelier 1, intitulé ‘Enjeux et limites des instruments de prospective et de planification urbaine’ : Les participants ont relevé le niveau appréciable atteint par notre pays dans ce domaine. En effet, sur le plan de l’encadrement légal et réglementaire, un dispositif moderne et performant a été mis en place. Des bureaux d’étude compétents…..sont chargés d’assister les collectivités territoriales pour la mise en œuvre de leurs stratégies de développement notamment à travers l’élaboration d’instruments fiables. Mais malheureusement les conclusions des ces instruments ne sont que peu suivies et dans certains cas totalement ignorées.[vi] Ainsi, le satisfecit est total, point d’autocritique, nul besoin de recourir à des expertises particulières, nul besoin de reconnaitre que l’instrument, aussi fiable soit-il, ne fait pas la ville. Une recherche conduite dans le cadre d’un magistère et qui a eu pour terrain une wilaya de l’intérieur du pays a démontré que la majorité des P.O.S réalisés l’ont été par des bureaux d’étude comprenant un architecte et une secrétaire et que l’immense majorité des taches a été sous-traitée clandestinement à des tierces personnes. L’étude du contenu a également révélé la prépondérance du copier-coller et la quasi-ressemblance des documents. Mais, au delà de ces pratiques qui découlent plus d’un mercantilisme primaire que d’une approche de la conception d’espaces de vies pour des générations et qui peuvent être résolues par une meilleure prise en charge par la maitrise d’ouvrage et les organismes de contrôle, c’est la légèreté avec laquelle nos villes se font et se défont dans l’indifférence généralisée. Mais ce qui dérange le plus c’est inclination à la suffisance et cet affranchissement des choses de la science et de la théorie, affichés par les préposés à la fabrique de la ville. Nul besoin de tirer profit des dizaines de mémoires de recherches et des thèses de doctorat soutenus dans nos universités chaque année, souvent sur des sujets se rapportant à la ville dans ses dimensions multiples. Ces travaux font souvent des diagnostics pertinents de la pathologie de la ville et vont même, pour certains jusqu’à proposer des remèdes et des solutions. Notre postulat est que ce savoir est condamné à péricliter sur les étagères des bibliothèques sauf si les pouvoirs publics font preuve de plus d’ingéniosité en essayant de construire des passerelles entre les tenants de ces savoirs et la pratique de l’architecture et de l’urbanisme. L’une de ces passerelles nous parait être, à défaut de laisser les enseignants architectes exercer librement leur métier, est d’au moins légiférer de manière à en faire un maillon incontournable dans la production de l’espace. L’idée qui consiste à croire que les étudiants architectes sont encadrés uniquement par des dinosaures qui ne connaissent que des bribes de théorie est tout à fait fausse. Un nombre très important d’enseignants, surtout dans les écoles du pays profond, appartiennent à la catégorie des praticiens. Il ne serait que justice que les ‘théoriciens’ puissent exercer à leur tour en toute légalité, au lieu de le faire, comme il est légion actuellement, de manière clandestine sans que leur nom apparaisse sur aucune œuvre. Cette pratique n’est pas exceptionnelle, elle est même courante et a cours même dans les écoles et instituts considérés comme les interlocuteurs favoris des pouvoirs publics de par leur statut élitiste.

Mais, revenons aux recommandations des Assises, particulièrement, celles de l’atelier 3 consacré aux développement (de)..la problématique relative à la responsabilité des intervenants dans l’acte de bâtir qui stipulent, à propos de la formation des architectes : …A ce titre les participants recommandent de ramener la durée de la formation actuelle de cinq années à sept et de confier aux professionnels reconnus l’encadrement de cette formation, comme c’est le cas dans d’autres pays….’[vii]

Cette vision, réductrice et naïve, partielle et partiale, découle d’une vision corporatiste et segmentaire de la mission de l’architecte, de ses attributs et de ses prérogatives, mais aussi de son rôle d’intellectuel et de concepteur de l’espace. Réduire les compétences de l’architecte à une dimension techniciste et réglementaire, de ‘professionnel reconnu’ c’est consacrer, une fois de plus, le retour à l’architecte artiste, démiurge, à la boite noire. Les années de lutte pour un savoir en architecture, une rationalité, sont ainsi éludées par cette approche simpliste. Et puis, s’est-on posé la question sur le nombre de ‘ces professionnels reconnus’ sensés encadrer la formation de l’architecte, sachant que la maitrise d’œuvre reste l’apanage d’une poignée de gros poissons qui raflent la quasi-totalité des projets des grands équipements, le reste étant réduit à survivre en contractant de petits projets d’habitat ou de faire des projets en CAO pour les étudiants architectes. L’exemple invoqué par certains de faire comme ‘dans certains pays’ n’est pas toujours opportun : l’étudiant, dans la majorité des cas est condamné à courir et à galérer dans l’espoir de tomber sur un enseignant libre pour une ‘correction’ entre deux chantiers. Ce que n’a pas été dit c’est que les professionnels enseignants en France[viii] ont eux le droit d’exercer, tout comme en Angleterre, aux Etats-Unis et même dans les pays arabes. Qu’un enseignant-architecte exerce son métier en ayant pignon sur rue n’a jamais été un facteur de paupérisation des praticiens. En réalité, c’est un faux problème et un de ces conflits factices qui minent la profession et constituent un abcès de fixation. L’exemple de l’Angleterre constitue un des meilleurs exemples de dépassement de ce faux problème ; Le praticien exerce en premier et apporte son expérience et sa pratique du terrain aux étudiants. ‘L’académicien’ doit faire de l’enseignement et de la recherche ses priorités mais a le doit d’exercer, s’il le veut, sachant qu’un enseignant qui exerce ne va pas se battre sur tous les fronts de la maitrise d’œuvre mais apportera son grain de sel dans un nombre limité d’opérations et contribuera au débat en mettant son grain de sel théorique, considéré par certains comme ésotérique, marginal et futile.

En guise de conclusion, il faut dire que la dégradation à vue d’œil de notre espace bâti et la médiocrité ambiante doivent inciter à la réflexion. Un engagement clair et de longue haleine attend les concepteurs, les intellectuels, les artistes et les cadres gestionnaires honnêtes et intègres de ce pays dans une œuvre de démystification des corporatismes primaires et stériles et des mercantilismes de tous bords.

Said Mazouz

Professeur en architecture


[i] Voir à ce propos l’article d’Omar Azraj dans El Khabar du 20/01/2010

[ii] Souvent, les insuffisances des instruments d’urbanisme sont révélées au grand jour, soit par insuffisance de l’outil ou de son inadaptation, soit en raison de politiques volontaristes conduites au mépris des mesures préconisées par l’outil qui finit par devenir caduc avant même l’achèvement de sa mise en œuvre.

[iii] Voir notamment les projets lauréats du Prix national d’architecture, illustrés par la revue Vies-de-villes.

[iv] J.J. Deluz, chroniques urbaines, Document WEB.

[v] Chupin dirige un laboratoire de recherche consacré à l’architecture potentielle (L.E.A.P.) Montréal.

[vi] BTPH News, revue bimestrielle du bâtiment, des travaux publics, de l’hydraulique et de l’environnement, janvier-avril 2007, p. 26.

[vii] BTPH News, op.cit, p. 27

[viii] En filigrane, c’est toujours la France qui est prise pour exemple par nos architectes bien pensants

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Re: L'architecture selon Said Mazouz

Message par chahra le Ven 20 Jan 2012 - 17:44

MERCI ARCHI

chahra

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